04 août 2009
Ecritures automatiques
Tu me tues chaque jour
Dans cette impasse-là
Immergée dans l'aréole d'une fourmilière sans joie
Je m'éprends de l'attente
L'attente de toi
Pierre sonnante d'une extraction sourde
Fièvre ardente
Ô toi
Ta main lentement décoche mes secondes
La chute inutile de mes reins
S'isole et se lamente
Nuage de toi sous mes chevilles
Hisse ma joie
Ô toi
Epargne-moi
Je progresse sans toi
Qu'importe les méandres et la soif qui quadrillent mes offrandes
Je demeure circulaire dans l'arène de toi
Je vais sans corps
Je suis le langage qui précèdede ta joie
Je couvre les mille patûres où tu t'ébats
Ô toi
Ceux de là-bas ne savent pas
Que tu vis fou en moi
Sous l'épineuse matrice de ma voix
Ô toi
14 juin 2009
Marées
Un jour nous verrons la lumière
Vider son outre chamarrée
Sur la paillasse de la mer
Aux pans sirupeux des rochers
Et nous irons comme naguère
Désemmancher les prés sacrés
Sur le sillon salé qui serre
Ses anorexies ensablées
A la surface de la terre
Aux soufflets des éternités
Nous danserons comme naguère
Sur les poumons des goémoniers
A la surface de la terre
Lorsque s'éclipsera la mer
Vers l'horizon assermenté
10 juin 2009
Théorème
Je me nourris d'instants
Alifères et concaves
Où le temps
Magnétique embase
Dissout ses instincts exigus
Sur les lacis entremaillés
Des souvenirs qui s'amoncellent
Se dégage l'aurore nouvelle
De nos crémaillères ténues
Et Toi en sortie d'illusions
Là où mes instances s'ébrouent
Tu ris au vent que je recouds
Sous des paraboles de vair
Tu ris comme rugit l'enfance
Entre semailles et salaisons
Lorsque je pêche sous tes lances
Le soleil roux de mes saisons
Tu me tends l'envie de renaître
De convoiter le matin creux
Sous les rochers où je viens paître
La poudre nacrée de tes yeux
Je me nourris d'instants
Alifères et concaves
Où le temps
Magnétique embase
Dissout l'océan sous tes cieux
01 juin 2009
La Croix des veuves
Aurores ouvragées à jamais disparues
De semaisons antiques en vêpres innocentes
Les idoles alignées à l'ombre des talus
Pardonnent aux Pardons leurs Saint-Yves de cendre
Ô blanches effarées que le destin tourmente
Vos yeux ont la rudesse des grives affolées
Et vos cheveux défaits la détresse des plantes
Qu'ensemence l'écume à la pleine marée
Il n'est d'amour ici que le front capiteux
D'un sépulcre tanné qui larmoie à la mer
Quand l'iode fixe au vent son chant incestueux
Et que sur la falaise résonnent les Pater
Ô loges du silence sifflant sur la jetée
Lorsque la houle au loin embaume vos entrailles
Et que manquent à l'appel les prunelles dorées
Des enfants suppliciés que l'océan limaille
Aurores ouvragées à jamais disparues
De semaisons antiques en vêpres innocentes
Les idoles en pleurs à l'ombre des statues
Pardonnent aux Pardons leurs Saint-Yves de cendre
26 mai 2009
Nuits
Il est des nuits semblables aux jours
Où l'amour se mesure à peine
Juste le temps de dire je t'aime
Que déjà le matin accourt
Il est des nuits parure d'ange
Sous des dais de charbon velours
Où les corps défrichés se penchent
Aux balustres des divans sourds
Il est des nuits de sentinelles
Où les gerfauts vont constellant
L'étang sacré qui se distend
Sous ses breloques de Noël
Il est des nuits de magie blanche
Au noir soleil de nos satins
Qu'émulsionne la transparence
Des figurines du destin
Il est des nuits semblables aux jours
Où l'amour se mesure à peine
Aux embrasures des toujours
L'aurore écume nos je t'aime
20 mai 2009
Ponctuée
Toi
Plus libre en moi qu'une particule
Aux cieux que tu sommes
Toi et tes chants-virgules
Tes guillemets argentiques
Tes parenthèses étanches
Je t'entends
Si tu approches dis
Je t'entends
J'utopise la connaissance des axes et des rondes
Je me libère de toute identité
Eternelle et féconde
Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier
Rassemblant à rebours les fragrances si fines de nos intermittences
Déjà le temps s'élague et dissout l'entre-deux îles
En un épais silence
Souris car le vent nous dévisage
En alternance
Souris puique je t'aime et qu'il n'est de sentence
Pour ceux qui sont ainsi
Cheminots de l'absence
15 mai 2009
Et les fins de mois d'août
Ai-je été libre un jour
Sous mon ruban de cire
Pourtant j'aimais la mer
Et le vent qu'on respire
A poumons recouverts
Pourtant j'aimais les dunes
Et les roseaux fuyants
Que le souffle d'hiver
Rabattait en riant
Sous un chapeau d'écume
J'aimais les souvenirs
A gorges déployées
Que le printemps ravive
A l'ombre des noyers
Sous la chape des brumes
J'aimais les boulevards
Qui s'en allaient tanguant
Sous les talons graciles
Des filles de vingt ans
Que le hasard bitume
J'aimais la solitude
Et les repos de pluie
Accoudés à la lune
Au marché de l'oubli
Quand sonne l'amertume
J'aimais les parapets
Qui nous gardent des ans
Quand la vie se retire
Des coeurs que l'on attend
Et qu'il nous reste alors
Le sang de trois poèmes
Sous deux lambeaux de plume
J'aimais les cailloux blancs
Que l'enfance disperse
Et ce je ne sais quoi
Dans la voix de Leprest
Qui reprise le temps
Ai-je été libre un jour
Sous mon ruban de cire
Pourtant j'aimais la Manche
Et l'écho des navires
Qui passaient nonchalants
12 mai 2009
L'horloge
Ainsi s'en-va tremblant le courage des hommes
Lorsque glisse le ciel au seuil des abat-jours
Et que la nuit meuglant timidement frisonne
Nous déposant transis sous le socle du jour
Et nous sondons fourbus l'impénétrable faille
Qui érode nos âmes et rogne les embruns
Empierrant nos ardeurs que le limon tenaille
Hissant gris nos espoirs aux cordes du matin
Sur la terre froissant ses routes clandestines
Nous allons colportant nos sommeils assassins
Tandis que les nuages qui pétrissent les cimes
Dessinent sur nos fronts des rotondes d'airain
Sur des silos d'azur je pose mes grisailles
Embaumant ton regard dans le creux de mes mains
Je caresse l'horloge aux épaules d'émail
Et bénis ton sourire qui s'enroule au matin
Ainsi s'en vient tremblant le courage des hommes
Lorsque glisse le ciel au vent des abat-jours
Et que l'aube alanguie timidement frisonne
Nous déposant blanchis sur le socle du jour
25 avril 2009
Souvent je pense à vous quand le soir se repose
Défroissant au préau son voile d'organdi
J'entrouvre la fenêtre et au jardin les roses
Semblent s'agenouiller au prie-Dieu de la nuit
Mais à votre pupitre la chandelle s'éveille
Brodant pieusement son canevas de buis
Tandis que l'infini opacifie la treille
Votre main sanctifie l'étoffe de la nuit
Les heures courbent le front au cadran de l'église
La lune languissante convoite le laurier
Le vent fébrilement soulève la chemise
Du temps qui se dégrise au rouet du clocher
Puis à votre pupitre la chandelle s'affole
Décousant tendrement le houblon de la nuit
Tandis que l'angélus à l'est de Loriol
Fantomatiquement réveille les semis
Souvent je pense à vous quand avril caracole
Et lâche son latin au jardin d'organdi
J'entrouvre la fenêtre et à midi l'école
Semble s'agenouiller au préau de l'oubli
20 avril 2009
L'avenue
Il neigeait sur l'impasse grise
C'était décembre et l'avenue
Sous la tutelle de l'église
Divaguait telle une ingénue
Et dans le soir les libellules
Serties sur le coussin de soie
Avaient des airs de crépidules
Qu'océanise l'hortensia
Il faisait pourpre sous le porche
Aux porphyres de nos amours
Lorsque valsait le vent des cloches
Sur l'avenue au manteau lourd
Et dans le soir les crépidules
Serties sur le coussin de soie
Avaient des airs de libellules
Qu'océanise l'hortensia
Et tout passait hormis la peine
Au blanc filet de nos détours
Sur l'avenue qui se promène
Les lampadaires ont le coeur sourd
Mais dans le soir les libellules
Serties sur le coussin de soie
Prennent des airs de crépidules
Qu'océanise l'hortensia
17 avril 2009
Souvenir
Mon âme est envahie d'une étrange musique
Qui me ramène allègre aux sources du passé
J'entends tinter l'ivraie aux herses fanatiques
Et mugir le retour des ombres surannées
Je te revois tremblant aux piliers de mes rêves
Entreposant l'écume au revers de l'oubli
J'embaume ton sourire où se dissout la grève
Et enchâsse en mon sein les lambeaux de ta nuit
Je ne saurais partir te laissant à la terre
Je pose sur tes cils le sel de mes remords
Pour que tu chantes encore au-delà de l'éclair
Lorsque s'enfuit la mer au verger de la mort
13 avril 2009
Paris
Tu es venu ô toi que j'aime
Priser le tabac de mes cieux
Sans rémission roule la Seine
Aux amanites blanches et bleues
Nous chiquons des berges d'amiante
L'amour péniche ses atours
Comme l'azur qui se tourmente
Au rouet tremblant des faubourgs
Alors tu me laisses suspendre
Aux parapets des échafauds
Des paraboles aguichantes
Que dégrise le Mirabeau
Je te croche à la Tour de Nesle
Paris entonne le credo
Qui démate sa ritournelle
Aux marinières du métro
Tu es venu ô toi que j'aime
Priser le tabac de mes cieux
Sans rémission roule le Seine
Aux amanites blanches et bleues
07 avril 2009
Falaises
Vos larges mains de lavandière
Battaient les tempes de l'été
Aux rendez-vous de nos naguère
Entendez-vous le glas sonner
Des miserere d'infortune
Aux bénitiers de nos ruisseaux
Entortillaient l'aube candide
Entre renoncules et hameaux
J'aimais les scaphandres de l'onde
Que le lichen menait valser
Entre marées et mappemondes
Sous la chapelle des rochers
Vos larges mains de lavandière
Battaient les tempes de l'été
Aux rendez-vous de nos naguère
Entendez-vous le glas sonner
Les oraisons de nos errances
Aux contrescarpes des jetées
Laissaient divaguer le silence
En procession inachevée
J'aimais la quiétude d'épeautre
Au port béni de nos pensées
Entre genêts et patenôtres
Sur les sentes dépenaillées
Vos larges mains de lavandière
Battaient les tempes de l'été
Aux rendez-vous de nos naguère
Entendez-vous le glas sonner
02 avril 2009
Carême. Chansonnette
Sous un autre soleil Mon Ange
Nous naviguerons tu verras
Aux esplanades des dimanches
Sous les tilleuls du cinéma
Il fera bleu entre nos planches
Que l'aurore décloutera
Et je boirai vois-tu Mon ange
Le matin d'or entre tes bras
Et nos pas de criques en grèves
Et nos coeurs de roses en lilas
Sous la levure des caresses
Fermenteront l'aube sans joie
Sous un autre soleil Mon Ange
Nous naviguerons tu verras
Aux esplanades des dimanches
Sous les tilleuls du cinéma
Et les brumes et les artifices
Des cieux lassés qui nous soudoient
Vogueront vers d'autres auspices
Afin de rendre à qui de droit
Cet amour que le temps déplisse
Comme un joli rideau de soie
Aux vitrines de nos délices
Sous les tilleuls du cinéma
Sous un autre soleil Mon Ange
Nous naviguerons du verras
31 mars 2009
Rue Lacaze
Tu es venu pauvre Tristan
Dézinguer l'aube sur mes lèvres
Au laminoir du matin grège
Ton ombre enchâsse le néant
Et le soleil au loin redore
L'horloge au ventre d'aubépine
Dont la grande aiguille sycomore
Se fout bien des pins maritimes
Qu'il soit normand qu'il soit breton
Le ciel débarque rue Lacaze
A deux vers de la Montparnasse
Où liseronnent nos chansons
Tu es venu pauvre Tristan
Distiller le soir qui se tord
Aux martingales des remords
Ton ombre embrase le néant
El le couchant au loin endort
L'horloge au ventre d'aubépine
Dont la grande aiguille sycomore
Se fout des murailles de Chine
Qu'il soit breton qu'il soit normand
Le ciel embarque rue Lacaze
A deux vers de la Montparnasse
Où liseronnent nos frissons
26 mars 2009
Roz Ven
Sous la coupole de l'hiver
Nous allions élaguer les dunes
Au cadastre des infortunes
Nos mains écharpaient le revers
De l'amour et de toute chose
Du temps pressé qui se repose
De l'horizon qui désespère
Sous un ciel beau comme la rose
Comme la pensée qui se pose
Sur l'herbier doux de nos prières
Sous la coupole de la brume
T'en souviens-tu mon éphémère
Lorsque lassés de nos déserts
Nous égrainions nos infortunes
Au chapelet nacré des dunes
Sous la coupole de la mer
20 mars 2009
Forges-Les-Eaux
Forges-Les-Eaux
Forge ma peine
Forge ma joie
Et mon chemin
Mes alluvions
Et mes rengaines
Mes déclinaisons
Mes refrains
Forges-Les-Eaux
Sous ma fontaine
S'ébroue la valse
De tes mains
Qui contrebassent
Nos je t'aime
En java rose
Sur mes reins
Forges-Les-Eaux
Forge la chance
Forge les docks
Et le destin
Forge la foi
Qui s'endimanche
Lorsque l'amour
Pianote bien
Forges-Les-Eaux
Forge mon âme
Forge ma gloire
Et mes festins
Forge mes voeux
Forge ma flamme
Forge mes eaux
Entre tes mains
13 mars 2009
Chanterelle
Lorsque la brise s'effeuillette
Sous les arcades du destin
Il se pourrait que je revienne
Ombrer les pans de ton chagrin
D'une dentelle ou d'un soupir
D'un soubresaut que je retiens
Aux charpentes du souvenir
Au pavillon des lendemains
Il se pourrait que je revienne
Tisser le vent de tes détours
Lorsque la pluie à perdre haleine
Désencanaille les faubourgs
Il se pourrait que je revienne
Ensiler tes rêves d'amour
Lorsque la ville souveraine
Prunelle la frange des jours
Lorsque l'aurore s'effeuillette
Sous les arcanes du chemin
Il se pourrait que je revienne
Ombrer les pans de ton destin
D'une chandelle ou d'un désir
D'un trémolo qui me retient
Aux fabriques du souvenir
Aux écluses des lendemains
10 mars 2009
Chansonnette
Si tout est clair
L'endroit l'envers
La faim de toi et la rivière
Le grésil ceinturant l'hiver
La main de jaspe sur la mer
Si tout est sourd
Le temps l'amour
La veine bleutée ses contours
L'oraison parme des détours
Mes bras remisant ton retour
Il nous restera l'évidence
De jours fruités et contigus
De soirs charnus qui se déhanchent
Aux vitrines des avenues
Il nous restera l'espérance
De matins comme on n'en fait plus
Aux artères des beaux dimanches
Aux frontispices de nos rues
Et cette soif que dissimule
Le ruissellement continu
De nos coeurs échancrés et nus
De nos coeurs que l'aube laboure
Et cette joie qui ensilence
La plaine bleue et ses atours
Lorsque le ciel chasse l'absence
Lorsque le vent hisse l'amour
Si tout est clair
L'endroit l'envers
La faim de toi et la rivière
Le grésil ceinturant l'hiver
La main de jaspe sur la mer
Si tout est sourd
Le temps l'amour
La veine bleutée ses contours
Tes bras remisant mon retour
Il nous restera l'évidence
06 mars 2009
L'île
Si tu partais demain
Arpenter d'autres sphères
Sans que l'ombre sacrée
Ne guide mon chemin
Je tournerais alors
Comme tourne la terre
Traînant mon coeur vacant
Qui t'appelle sans fin
Si tu partais demain
Irriguer le désert
Sans que l'étoile d'or
N'éclaire mon lopin
Je sombrerais alors
Comme sombre l'éther
Aspirée par la nuit
Aux gorges du matin
Si tu partais demain
Aux sources de l'hiver
Sans que l'écho du vent
N'apaise mon chagrin
Je voguerais alors
Comme vogue la mer
Vers cette île céleste
Où le temps te retient

